Solidarité Ukraine
INED Éditions. Archives Sonores, Mémoires européennes du Goulag

BioGraphie

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Zygmunt  TURZAŃSKI


Zygmunt Turzański est né en 1921 dans le village de Żupanie dans une famille d’agriculteurs. Son village natal était constitué de 160 maisons dont la plupart étaient des foyers ukrainiens.

En 1939, il se trouve à Stryj, village frontalier avec la Tchécoslovaquie. C’est ici qu’ont commencé ses activités de résistance. Tout en étant surveillé par le NKVD durant toute l’année de 1940, il travaille et suit des études. En 1941 et 1942, alors qu’il exerce le métier de forestier, il est recruté par l’Union de la lutte armée (Związek Walki Zbrojnej), et à partir de 1942 par l’Armée de l’intérieur (Armia Krajowa) qui a remplacé l’Union dans la résistance. Zygmunt assure notamment le transport de documents, de la presse et du courrier et procède à l’enregistrement des trains pour les résistants.

Après l’arrivée de l’Armée rouge, il est arrêté à Stryj en juillet 1944. Il passe près d’une année dans la prison de cette ville. Finalement, jugé comme ancien membre d’une organisation hostile à l’Union soviétique, il est condamné à 10 ans de camp. En juin 1945, Zygmunt Turzański est transféré dans la prison de Lvov, et déporté au Kazakhstan en 1945. Pour parvenir à son premier lieu de déportation, le village de Zaryk, partie de l’ensemble de camps du Karlag, Zygmunt marche pendant trois jours.

Il connaîtra trois lieux différents au sein de Karlag : outre Zaryk, le village de Burma où il a été emprisonné entre 1945 et 1946 et Djezkazgan à partir de 1947. Dans le deuxième village spécial, Burma, il accomplit des travaux moins pénibles œuvrant dans un bureau de comptabilité. En revanche, ses conditions de vie changent brutalement à Djezkazgan. Zygmunt y fut aussi frappé par la surveillance omniprésente. Toutefois, des liens de solidarité se tissent entre les prisonniers et grâce à cela il réussit à devenir assistant du médecin du camp. Transferts d’un camp vers un autre ponctués par la recherche de postes susceptibles d’assouplir ses conditions de vie et d’assurer la survie, tel est le cheminement sinistrement traditionnel que Zygmunt Turzański a connu.

Dès le lendemain de la mort de Staline, il fait partie des prisonniers libérés. Cependant, suite à l’incitation des autorités locales à rester en tant que travailleur libre, il continue à travailler dans une mine à ciel ouvert, puis dans un bureau d’approvisionnement. Sa libération fut en quelque sorte double : ce n’est qu’en 1955 que les Polonais de Djezkazgan se préparent au départ.

Les démarches nécessaires pour rejoindre la Pologne ont occupé Zygmunt Turzański jusqu’en 1956. Il est rentré à Varsovie via la Lituanie soviétique en 1957. Il s’établit alors à Głubczyce (petite ville proche de la frontière polono-tchèque) où il travaille jusqu’à sa retraite comme comptable dans une brasserie locale.

L’entretien avec Zygmunt Turzanski a été conduit en 2010 par Agnieszka Niewiedzial.

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Les persécutions contre les juifs (VO)

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Les activités de résistance au sein de l’Union de la lutte armée (VO)

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Le travail au Karlag (VO)

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Transféré à Djekazgan (VO)

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La mort de Staline (VO)

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Dans cet extrait, Zygmunt Turzanski aborde les conséquences de la mort de Staline sur les conditions de vie dans le camp. Il raconte également comment une de ses connaissances a organisé une petite fête au moment de l'hommage à Staline.

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Les différentes nationalités au camp (VO)

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De la correspondance au mariage (VO)

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Une révolte dans le camp voisin (VO)

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